Sélection vaudoise VS Mondial du Chasselas 2019

| 17 juillet 2019 | 0 Comments
Jury du Mondial du Chasselas 2019
Froideville le 24 mai 2019 dans le cadre du Mondial du Chasselas dégustation du jury © 2019 Studio Edouard Curchod tous droits réservés


Article de Pierre Thomas paru dans Hôtellerie & Gastronomie Hebdo du 17 juillet 2019.

Les concours se suivent et ne se ressemblent pas… Bien malin qui pourrait tirer une hiérarchie de la sélection des vins vaudois, et notamment du cépage principal du vignoble vaudois, croisée avec le Mondial du Chasselas. Il y en a eu pour tous les goûts.

Cette année, les deux compétitions se sont déroulées au même endroit, Froideville aux marches du Gros-de-Vaud, fin mai. Une huitantaine de jurés principalement vignerons et vaudois ont dégusté 941 vins inscrits à la Sélection, et, la semaine suivante, d’autres jurés, dont plusieurs étrangers, notamment journalistes, ont noté les 867 chasselas en format mondial. Toutefois pas moins de 526 vins étaient vaudois… A la Sélection, un vin devait obtenir 90/100 pour espérer une des 132 médailles d’or (133 argent, dès 88,1 points), au Mondial, 89/100 pour 138 distinctions or (87 argent, dès 87 points). La même dernière semaine de juin, les résultats ont été proclamés le mercredi à l’Ecole hôtelière de Lausanne, pour la Sélection cantonale, le vendredi au Château d’Aigle, pour le Concours Mondial.

On pourrait imaginer les deux compétitions offrir des comparaisons. Hélas… Pour les chasselas, la Sélection distingue le millésime le plus récent (2018) et réserve une autre catégorie pour les 2016 et 17. Au Mondial, l’écrasante majorité des seuls chasselas (707) se retrouvent dans la catégorie des «blancs secs» sans distinction des millésimes 2018 et 17. Le premier 2017 ne s’est classé que 12ème ; c’est aussi le premier 1erGrand Cru vaudois, le Domaine de Serreaux-Dessus, de Matringe SA. C’est son voisin de Begnins, le Domaine de Sarraux-Dessous, qui s’impose à la Sélection vaudoise, en chasselas 2018, devant le Château de Vufflens, ex-aequo avec la Cuvée du 81èmede l’Union viticole de Cully, puis le Bélénos de Rapaz Frères à Bex, ex-aequo avec le Calamin Grand Cru, Réserve du Margis, de Jean-François Chevalley, à Cully. Pour les millésimes 2016-2017, en tête, le Petit-Vignoble, de Badoux, un Yvorne qui n’est pas grand cru, devant le Dézaley Grand Cru La Marettaz, des frères (et fils) Dizerens et L’Arenaz, de la Cave du Signal, à Echichens, reprise par le jeune œnologue Lionel Widmer. Trois 2017 : le premier 2016 est le Clos de Chillon, 8ème, vinifié par Badoux.

Le champion du monde ? Un chasselas allemand !

Le Mondial du Chasselas a justifié son titre en attribuant celui de la catégorie principale à une cave allemande, Julius Zotz, à Heitersheim, dans le pays de Bade. Ce producteur s’était déjà adjugé en mai la catégorie internationale de la Gutedel Cup. Si à Aigle, c’est un vin élevé cinq mois sur lies, Chasslie 2018, qui s’impose, en Allemagne, ce fut un vin parcellaire, le Badenweiler Römerberg 2018. Derrière ce vainqueur, qui réitère un exploit réalisé en 2013 par un autre cru allemand, un panachage romand, avec le Château d’Echichens, issu de raisins que le président de la coopérative Pierre Duruz livre à La Cave de La Côte, à Tolochenaz (VD), le Fendant Clos de Balavaud, des Fils Maye SA, à Riddes (VS), l’Aigle Grand Cru du Domaine de Aucrêt et le Calamin Grand Cru de la Commune de Bourg-en-Lavaux, que des 2018… En chasselas doux, un vin passerillé des Artisans Vignerons d’Yvorne, Ange et Démon 2017, l’emporte, et en «vinification spéciale», un Chasselas sur lie 2015, Les Dames de Hautecour, à Mont-sur-Rolle (VD). Meilleur vin neuchâtelois, le non-filtré 2018, de la Cave des Lauriers, à Cressier (NE), qui fête ses 140 ans, et meilleur genevois, Les Danaïdes 2018, du Domaine du Centaure, à Dardagny (GE), distingué à la Sélection de Genève.

Le groupe Schenk bien servi

Pour les «vieux millésimes», c’est le plus ancien soumis au jury, un 1976 de La Cure d’Attalens, d’Obrist, qui s’impose, devant un Dézaley 1990 de Testuz (racheté depuis par… Obrist), et un Château de Châtagneréaz, 1erGrand Cru, 2011, de Mont-sur-Rolle. Le vainqueur a aussi réussi le meilleur score du Mondial, avec 94/100. Ces trois vins émanent de sociétés appartenant au groupe Schenk. Ce dernier a été largement récompensé à la Sélection, grâce au triplé — du jamais vu ! — de la Maison Bolle & Cie, à Morges, et de son maître-caviste Jean-François Crausaz, avec le meilleur pinot noir, noté à 93/100, un poil plus haut que le chasselas, également de Sarraux-Dessous, un domaine de 18 hectares, planté à moitié en blanc et en rouge, que cultive le vigneron Eric Barbay. Meilleurt pointage de la Sélection, à 94/100, Larmes de Licorne 2016, un vin liquoreux, assemblage de doral et de pinots gris et blanc, en cryoextraction. Et ça n’est pas le seul vin techno récompensé, puisque pour les vins mousseux, c’est un vin auquel on a ajouté du gaz (et non vinifié en effervescent), Les Amoureux, fait de gamay et de gewurztraminer, du Domaine de la Crosettaz, à Gilly, qui s’impose.

Les autres champions vaudois de leur catégorie sont le Baron Blanc 2018, un pinot blanc de Benjamin Morel, au Château de Valeyres, le Griffe d’Aigle Rosé 2018 (pinot-gamay vinifiés ensemble), de Badan Vins à Aigle, les deux gamays, ex-aequo, et presque voisins, Enjôleur 2018, du Domaine Roliebot, à Mont-sur-Rolle, et le Gamay 2018 d’Yvan Parmelin, à Bursins, qui décroche le Trophée Bio Vaud, avec l’assemblage rouge Affinité 2017. La Côte est encore à l’honneur avec le Galotta 2017 de la cave Clair-Obscur, à Perroy. Et les Côtes-de-l’Orbe confirment l’excellence de leur terroir à vins rouges, avec le gamaret-garanoir barrique 2017 de Pierre-Yves Poget, Cave Mirabilis, à Agiez. Tous ces champions ont décroché leur titre pour quelques dixièmes, mais la vendange s’avère si abondante qu’il est impossible d’énumérer ici leurs dauphins. (Pts)

Résultats complets sur le net :

www.mondialduchasselas.com et www.vins-vaudois.com


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Category: Mondial du Chasselas 2019

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